samedi 28 décembre 2019

Le Cadran Solaire


Passionné d’héraldique et d'armoiries, j'ai voulu en savoir plus sur ce bel objet, pas commun. 

J'ai donc fait appel à un professionnel dont c'est le métier, Paul-François Broucke, historien de l'art à l'Université de Bretagne Occidentale, responsable du programme scientifique ARMMA Bretagne (Armorial Monumental du Moyen-Age).


En voici son rapport : 

Saint-Goazec, manoir de Trevaré, cadran solaire armorié





" Par échanges de mails en Janvier 2020, Grégory Rannou me signale l'existence d'un cadran solaire armorié au manoir de Trévare ou Trevarez en Saint-Goazec et me demande d'en identifier les armes.

Le cadran solaire se présente sous la forme d'une plaque octogonale en schiste, en assez bon état malgré la rupture de l'attache supérieure, rouillée, de la tige indicatrice de l'heure.

Son décor est soigné :

Un médaillon ovale chargé d'armoiries forme le corps stylisé d'un soleil dont les rayons indiquent les heures portés en chiffres arabes en bordure.

La pointe du cadran porte une autre représentation armoriée, formée d'un écu, timbré d'un casque.

Enfin, l'ensemble est entourée d'une bordure de festons feuillagés.

Ce cadran solaire est manifestement un réemploi plaqué au-dessus des maçonneries, ainsi qu'en attestent le scellement au ciment gris, des plus grossiers et le renfort très inopportun de cinq grosses agrafes métalliques rouillées.

Il s'agit donc d'un élément exogène rapporté. On observe également que la partie supérieure du cadran a été retouchée. Au lieu de former un octogone régulier, la pointe supérieure de la bordure feuillagée extérieure a été retaillée, éliminant possiblement une date ou une indication de provenance.

L'examen des armoiries permet d'identifier les commanditaires : 

L'écusson en pointe, surmonté d'un heaume à visière posé de profil et orné de lambrequins, porte un chevron accompagné de deux croissants en chef et d'une main repliée tenant une garde d'épée en pointe". 

Ce sont les armes de la famille de la Garde :




" D'azur au chevron d'or accompagné en chef de deux croissants d'argent et en pointe d'une main tenant une garde d'épée de même "

J'ai pu ainsi reconstituer la très petite histoire de cette famille qui se joint aux familles de Trevare : 

En effet, la famille de la Garde est une ancienne famille de l’Évêché de Cornouaille dont un membre, Jean de la Garde comparaît à la réformation de 1427, en la paroisse de Plouzané, Evêché de Léon. 

Cette famille migre vers la paroisse de Coray et y demeure au XVII e siècle. 

Un des membres de cette famille, Jean de la Garde, seigneur de Kerstrat porte les mêmes armes : 

" D'azur au chevron d'or accompagné en chef de deux croissants d'argent et en pointe d'une main tenant une garde d'épée de même alias d'azur à deux jumelles d'argent, une poignée et garde d'épée de même, brochant "

Jean-Marie de Kerstrat (seigneur de Tréouret et de La Garde), né le 31/01/1738 au manoir de Trohanet en Briec-de-l'Odet, décède le 5/10/1814 au manoir de Trévare en Saint-Goazec. Il s'allie à Julie du Bot du Grego, tante de Louise du Bot du Grego, née le 18/02/1750 à Vannes et qui décède le 14/02/1784. Elle se fera inhumée à la Cathédrale de Kemper-Corentin au coeur de la Chapelle des 3 gouttes de sang. 

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